Cigarette et dépendance (Nicotine & Dopamine)

Comment la cigarette vous rend accros ?

Dépendance
, un mot qui fait si peur, mais pas aux fumeurs !

En effet, le fumeur se complait généralement dans sa dépendance, sans se rendre compte que la cigarette ne lui pollue pas non seulement son organisme, mais aussi sa vie.
La photo ci contre représente l'échapatoire par la cigarette, c'est la sensation éprouvée du fumeur. Mais n'est ce pas cette même cigarette qui maintient finallement emprisoné?

j0407482.jpgQuoi de plus ennuyeux que d’être à court de clopes et de devoir foncer à la dernière seconde au tabac ? De ne pas profiter d’un spectacle, d’un film au ciné ou d’un voyage parce que l’envie de fumer est trop présente et finie par stresser, par manque, le fumeur ?

Cette dépendance donne tout autant de fil à retordre au fumeur repentant, qu'au chercheur avide d'en démêler tous les mécanismes. Le tabac, c'est quand même + de 4 000 substances par bouffée. Jusqu'alors, seule la nicotine était accusée de nous rendre accros. Aujourd'hui preuve est faite qu'elle est loin d'être la seule responsable.

Pour mieux comprendre le fumeur en cours de sevrage, il faut au préalable assimiler de quoi il souffre.

 

 

Comment devient-on dépendant à la nicotine ?
Tabac et dépendance.

 

Les chercheurs savent peu de choses de la dépendance tabagique. Une seule certitude : la nicotine est impliquée dans ce mécanisme.

 

Cette molécule possède un atout biologique qui lui permet de se fixer à des protéines présentes à la surface des cellules nerveuses, les récepteurs nicotiniques à l'acétylcholine.

En présence de nicotine, ces récepteurs qui sont en fait des canaux s'ouvrent. S'en suit alors une cascade d'évènements qui aboutissent à la libération d'une hormone, la dopamine (définition à la suite de l'article), dans une région précise du cerveau : le noyau accumbens.

La nicotine est un anxiogène (comprendre: provoque l'anxiété). Ainsi, dans un environnement nouveau, la nicotine entraîne une inhibition du comportement exploratoire et donc de la locomotion totale. L'exposition répétée à la drogue entraîne une tolérance, il faudra donc une quantité plus importante pour obtenir un effet donné.

En revanche, dans un environnement connu, et non anxiogène, la nicotine entraîne un accroissement de la locomotion globale.

L'exposition répétée à la drogue entraîne une sensibilisation, c.-à-d. qu'une quantité donnée de nicotine provoquera un accroissement plus important de locomotion.



Comme l'alcool, le cannabis, la cocaïne ou encore l'héroïne, la nicotine est une drogue
qui stimule "le circuit de la récompense" et procure ainsi une sensation de satisfaction. La dopamine ne porte d'ailleurs pas pour rien le joli surnom d' hormone du plaisir…

 

Mais attention !

On le verra plus loi, la dopamine, n’est pas libérée parce que le sujet consommateur prend du plaisir à l’acte (de fumer en l’occurrence) mais par ouverture des susdits canaux. Elle est libérée en temps normal lorsque le sujet prend du plaisir (rire, repas, détente, amour, loisirs…), ou, lorsqu’un certain niveau d’activité physique est atteint (d’ou la sensation de bien-être après le sport).

Car contrairement à ce que peuvent dire les fumeurs, la cigarette ne détend pas. Nous l'avons Elle est anxiogène; ces composants provoquent le stress. C’est alors l’action, l'habitus, qui est à l'origine de cette libération de dopamine, indépendamment du stress induit. 

Les recherches en cours suggèrent cependant qu'elle ne serait pas la seule hormone en jeu. Bien que, les avancées dans ce domaine soient considérables, la dépendance au tabac demeure mystérieuse.

 

Lors du sevrage tabagique, le corps "réclame" sa dose de nicotine pour satisfaire cette sensation de bien être : c'est le manque.

 

La dépendance s'explique par des phénomènes purement biologiques. Pour autant, il ne faut pas négliger le rôle de l'environnement qui entoure le fumeur. Les gestes et les petites habitudes associés à la cigarette sont perçus par notre cerveau comme autant de signaux capables de provoquer une envie irrépressible de fumer.




La Dopamine:

I.  La Molécule

La dopamine a pour formule brut :  CH3 (OH)2-CH2-CH2-NH2.

Sa masse molaire est égale à :      M=93 g/mol.

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II. Propriétés

 

Les neurotransmetteurs sont des substances chimiques, agissant sur d'autres neurones, voire dans certains cas sur d'autres types de cellules (comme les cellules musculaires par exemple).                                          
La dopamine est un neurotransmetteur, synthétisée par seulement 0,3% des neurones, et appartient aux catécholamines, des composés organiques synthétisés à partir de la tyrosine et pouvant  jouer le rôle d'hormone ou de neurotransmetteur.

Les catécholamines les plus courantes sont :

  • l'adrénaline (épinéphrine),
  • la noradrénaline (norépinéphrine)
  • et la dopamine.

 Elles sont synthétisées par les cellules de la partie centrale de la glande surrénale, et par les neurones postganglionaires du système nerveux orthosympathique (système nerveux sympathique ayant une action cardioaccélératrice) ; la dopamine est donc issue de l’acide animé tyrosine, et est précurseur de l'adrénaline et de la noradrénaline.



III. Effets

 

La dopamine joue un rôle important dans plusieurs de nos comportements, notamment dans le contrôle de nos mouvements ; une destruction des neurones synthétisant la dopamine entraîne un tremblement caractéristique de la maladie de Parkinson.
Dans le cas contraire, c'est-à-dire dans le cas d’un excès de dopamine dans certaines régions du cerveau, on observe des symptômes associés à la schizophrénie. On observe aussi que certains neurones à dopamine interviennent dans les moments ou l’être vivant éprouve du plaisir, et qu’un empêchement de la fixation de ce neurotransmetteur à ses récepteurs entraînait une perte d’appétit.


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La sécrétion de dopamine peut être déclenchée par un environnement que l’être vivant associe à la récompense, même si celle-ci n’est pas présente. La dopamine serait donc responsable d’un ensemble de comportements dont le but est d’atteindre la récompense. Or on sait que les drogues créent une dépendance élèvent artificiellement la quantité de dopamine dans les circuits de la récompense.
On peut donc penser que la libération de dopamine informe l'organisme de la présence possible d'une récompense dans un environnement donné. D'où les efforts entrepris pour se procurer cette récompense, et la volonté de renforcement au fil des prises.


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Cependant, d’autres expériences, en particulier celles montrant que l’augmentation de l’activité dopaminergique précède le comportement gratifiant, ont toutefois permis de remettre en question ce modèle.
L’hypothèse que la dopamine pourrait être un facteur facilitant l’apprentissage a alors vu le jour. Selon cette idée, la quantité de dopamine sécrétée par notre cerveau avant une activité serait un reflet de l’intensité du plaisir (ou potentiel de plaisir) de cette activité ; c'est-à-dire si on l’aime ou pas. Selon que l’action est plaisante ou pas, le taux du prédicateur dopamine s’ajusterait par augmentation ou diminution.

Toujours selon cette idée, l’apprentissage permettrait à la réponse dopaminergique d’être transférée d’un stimulus inconditionnel (la viande pour un chien) à un stimulus conditionné (la cloche annonçant le repas). Cette hypothèse offre donc à la dopamine un rôle majeur dans notre façon de mémoriser les éléments gratifiants.

D’autres recherches ont également remis en question ce rôle de régulateur de l’apprentissage de la dopamine. En particulier celles où l’on a découvert que le taux de dopamine diminuait lors d’expériences d’autostimulation chez le rat, et ce, même si l’animal continuait à stimuler son cerveau.
D’où une nouvelle hypothèse reliant plutôt la dopamine à la nouveauté et à sa possibilité d’augmenter la motivation de l’animal à se procurer un élément qu’il désire. Ce ‘’pouvoir incitatif’’ serait une composante distincte de ce que nous appelons couramment la   « recherche du plaisir ».

Autrement dit, le système dopaminergique serait nécessaire pour vouloir l’objet gratifiant, mais pas pour l’aimer ou pour apprendre à retenir de nouvelles sources de plaisir.



 

Hormis l'état de dépendance, quels sont alors les Dangers que représente la cigarette?


I  la fumée de tabac

Chaque « produit » issu du tabac représente un cocktail toxique. Que ce soit l’action de fumer, la dépendance comme on à pu le voir, la pollution due aux mégots laissés sur la route (+de 80années avant de disparaître), ou simplement vos poumons et votre système digestif, sans compter l’agueusie et la perte d’odorat. Voici un petit résumé de la toxicité que représente la cigarette.

 

La fumée de tabac est un cocktail de produits toxiques. Elle représente un aérocontaminant quasi parfait.

 

Elle se compose d’une phase gazeuse et d’une phase formée de particules très fines, qui pénètrent dans les alvéoles pulmonaires et dans toute la circulation de notre corps.

Elle contient 4 types de substances particulièrement nocives, dont les effets toxiques se conjuguent :

 

1. La Nicotine, très diffusible, qui passe directement dans le sang

  • Chaque bouffée de cigarette en contient une quantité suffisante pour tuer un rat auquel on l’aurait injectée
  • 80% de la nicotine est retenue dans l’organisme qui inhale la fumée.
  • Les effets principaux se manifestent sur le système nerveux (nausées, sueurs froides de la 1ère cigarette), mais surtout sur l’appareil circulatoire. Elle provoque une accélération du cœur de 15 à 20 pulsations par minute, une augmentation de la tension artérielle, de 1 à 2 mm de mercure. Elle est, ce qui est beaucoup plus grave, un facteur de rétrécissement des petites artères, à l’origine d’accidents vasculaires, cardiaques et cérébraux notamment.
  • Elle entraîne en outre un spasme des petites bronches, responsable d’une gêne respiratoire, pouvant atteindre un niveau dramatique chez l’asthmatique.
  • Enfin, comme on à pu le voir, c’est la nicotine, enfin, qui est responsable de la dépendance tabagique et de la toxicomanie qui en découle. Le fumeur privé de tabac ressent une impression de manque et, par accoutumance, devient tributaire des doses de plus en plus importantes.

 

 

 

            2. L’oxyde de carbone

 

Il est aussi très diffusible et passe directement dans le sang.

Ses effets sont comparables à ceux d’un poêle mal réglé ou d’une fuite de gaz.

Il se combine dans le sang à l’hémoglobine, pour former la carboxyhémo-globine. Il en résulte une diminution de l’apport d’ oxygène au sang et aux organes de notre corps, une sous-oxygénation, entraînant un risque d’accidents graves accru au cours de l’effort physique.

 

 

            3. Les irritants bronchiques

 

Ils provoquent une agression de tout l’arbre respiratoire :

  • La gorge est rouge, tuméfiée, tapissée de sécrétions.
  • les cils vibratiles de la muqueuse respiratoire sont paralysés par une dose infime de fumée de tabac : une seule cigarette suffit à bloquer les cils vibratiles pendant 4 jours.
  • Les cellules de défense de l’appareil respiratoire sont bloquées ou diminuées.

Il en résulte un encombrement des voies respiratoires et une diminution des défenses de l’appareil respiratoire contre l’infection et les autres polluants de l’atmosphère.

 

            4. Les carbures polycycliques

 
Ce sont des substances cancérigènes, notamment les 3,4 benzopyrènes.

Elles sont un redoutable facteur de cancérisation sur tout le trajet parcouru par la fumée de tabac :    lèvres, langue , pharynx, larynx, bronches, et sur ses voies d’élimination :   vessie

 

Le tabagisme est un désastre sanitaire, responsable de dizaines de millions de décès en France, dont un grand nombre sont des morts prématurées.

 

La mortalité provoquée par le tabagisme croît de façon régulière en fonction des facteurs suivants :

  • Le nombre de cigarettes fumées, par effet cumulatif,

 

  • Le degré d’inhalation de la fumée,
  • L’âge auquel on a commencé à fumer : la nocivité est multipliée par deux avant 20 ans.

 


II. tabac et appareil respiratoire 

L’appareil respiratoire est la cible directe et privilégiée du tabac ; La bronchite chronique en est la conséquence inéluctable.

Vous avez peut-être du déjà entendre parler à ce propos des « 4 marches de la descente aux enfers ». Ces 4 marches représentent chacune les dégâts infligés par l’action d’être dans un environnement fumeur, pas uniquement pour les fumeurs directement :

 

  • 1ère marche : inflammation des voies respiratoires : pharyngite, laryngite, bronchite. C’est le temps des râcleurs, cracheurs, tousseurs par quintes
  • 2ème marche : essoufflement permanent. A la montée des escaliers, le fumeur s’aperçoit qu’il doit s’arrêter pour souffler dès le 2ème étage.
  • 3ème marche : invalidité respiratoire. Le fumeur devient un malade, dépendant de son appareil d’oxygénothérapie.
  • 4ème marche : mort par insuffisance respiratoire et coeur pulmonaire chronique. La bronchite chronique tue de 5 à 6 000 Français par an.

Cette évolution peut néanmoins être stoppée dès l’arrêt du tabac. Il n’est donc jamais trop tard. Le tabac se montre particulièrement insidueux sur une muqueuse fragilisée, notamment en cas d’allergie respiratoire. Chez le fumeur, l’asthme est plus sévère et plus résistant aux traitements.

Enfin, le tabac est le principal facteur de risque des cancers des voies respiratoires.



III tabac et cancer

 

1.  Cancer des bronches
Alors que le taux des autres cancers s’est stabilisé ou a diminué, le taux des cancers bronchiques est passé de 2 à 50 depuis 1930.

  • Le risque est multiplié par 25 pour un homme qui consomme un paquet de cigarettes par jour.
  • Le gros fumeur a un risque multiplié par 50 par rapport au non-fumeur.
  • Il apparaît de plus en plus tôt chez des sujets ayant commencé à fumer dès l’âge scolaire.
  • Il concerne de plus en plus de femmes, dont le taux de cancer des bronches rattrape celui des hommes. Il devient le 2ème cancer de la femme par sa fréquence.

Signalons dès maintenant le risque accru de ce cancer chez le conjoint du gros fumeur, par tabagisme passif.


2. Cancers des voies aérodigestives supérieures

Ces cancers sont liés au rôle quasi exclusif du tabac et de l’alcool. L’association de l’un et l’autre (alcool-tabagisme) multiplie par 3 le risque de chacun d’eux :

Le cancer des lèvres du fumeur de mégot,
Le cancer de la langue du tabac à chiquer ou à priser,
Le cancer du pharynx (surtout l’alcool)
Le cancer du larynx (surtout le tabac)


3. Cancer de la vessie

Le risque est multiplié par 2 chez le fumeur. et il y a corrélation statistique avec la durée de consommation des cigarettes.


4. Cancer du col utérin

Le tabac multiplie par 3,6 le risque d’anomalies précancéreuses du col de l’utérus. La majoration de ce risque est proportionnelle à la consommation de cigarettes.

Des taux élevés de nicotine ont été constatés dans le mucus  des femmes qui fument.
Certaines substances cancérigènes qui passent dans le sang sont excrétées au niveau du col de l’utérus.